une date en chasse une autre...rétrospective

Rétrospective…3

Dans la continuité de ce « merveilleux éphémère « 

De là ou je suis je pense à toi…

Il y a des souvenirs,des images qui vont mourir.
Elles ne laissent pas de traces, elles vont se diluer dans les gouttes du soleil de février.
Bien sûrs qu’ils espéraient…
L’espoir ça se répère au son d’une voix, ça s’observe dans la fulgurance d’un regard, dans les mots prononcés presque entièrement voués au futur, rarement à aujourd’hui tant ils en étaient remplis sans avoir à le prononcer. Ils pensèrent que toute leur vie il en serait ainsi , aucun raisonnement n’aurait pu les décider à croire en leur liaison provisoire et ils s’imaginèrent grandis de jouer à l’éternité.
Saisons de mots, d’échanges, de fous rires, une étape qu’ils prirent pour une arrivée.
Ils s’étaient inventés avant de se trouver.
Ils étaient une première fois, plus qu’à se savourer, ils se dégustaient.
Ils étaient explorateurs de territoires inconnus.
De là où je suis je pense à toi…
Dans la buée qui perle sur ses vitres seule dans sa chambre elle écrivait,elle se concentrait sur ce qui la traversait, elle rédigeait son journal à la seule intuition de l’instant. Rendez-vous galant avec le stylo et le papier, elle découvrait le plaisir qu’il y a à discourir avec soi-même, rajoutant avec ses mots de la lumière à l’imperfection de simples pensées…
La nuit lui parut bien courte, les mots se succédant aux mots, elle revivait à travers eux tant de moments qu’elle avait cru éternels.
Dehors la pluie continuait de s’écraser contre la vitre jouant une symphonie aux accents mélangés de mélancolie et de passion, convocation d’un visage, puis d’un autre, danse et rite de séduction, apparition, disparition, évocation de lieux, boussole différente où le nord n’est pas le nord et le sud un autre sud.
Elle aimait ces dérives noctambules où s’abrègent les certitudes et renaissent les rêves inachevés, lieux qu’elle retrouve vierges de sentiments et de mémoire où l’âme se perd pour rendre vie en la faisant partir de rien.
Elle écrivait, elle pensait à tous ceux qui ont disparu de sa vie en emportant les mots de ses rêves, eux à qui elle les avait offerts pour toujours.
De trop d’émotions traversées, elle se trouva anéantie aux premières lueurs de l’aube…