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« Papa » à la Havane…

Hemingway est à l’honneur, il y 50 ans ce géant disparaissait, écrivain et journaliste engagé, il avait choisi de témoigner par sa vie et ses écrits sur le monde qui l’entourait.
De manière plus légère comment ne pas évoquer le parcours connu de tous les touristes de  » Papa  » à la Havane,le papa doble un double daïquiri au Floridita,

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et les mojitos de la Bodeguita del Médio,

la Finca Vigia sa résidence sur les hauteurs où il recevait les stars d’Hollywood au bord de sa piscine.

Je vous invite sur ses traces, sur cette île au charme fou, dans cette ville hier belle et dépravée, aujourd’hui meurtrie et déchue,

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La Havane éternelle !

Promenade dans la nuit tiède sur le Malecon bordé de belles demeures aux façades décrépies, où l’Océan jette ses embruns en se frottant aux rochers.
Ville toute en contraste entre rires et larmes, entre misère et volupté.
Ville de sourires, de rires, de fièvre des sens où musique et corps dévoilés attisent le désir au Tropicana, le plus grand cabaret du monde à ciel ouvert installé dans sa légende, Nat King Cole, Dean Martin se produisaient au milieu de vestales affolantes…caliente…caliente…
Musique omniprésente…
Ah la nuit cubaine !
Au delà de la moiteur des nuits, de leur odeur de serre chaude et de fleurs pâmées, des rues encombrées et désertes de La Habana Vieja de ses arcades, de ses bancs, il y a les bars surchauffés lorsqu’ ils ne sont pas climatisés, ou couvrant les épaules d’une chape de fraîcheur, lorsqu’ils le sont.

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Mais le premier est le Floridita, “la meilleure rade des Caraïbes”.

Imaginez l’ambiance de ce lieu mythique, assis là sur un des tabourets du bar ou dans un fauteuil confortablement installé sirotant un de ces fameux daïquiris glacés dont raffolait Hemingway.
Il fait chaud, le regard des hommes s’attarde sur les épaules dénudées des femmes, des parfums lourds et capiteux, des saveurs jasminées de Mariposa s’évaporent dans le brouhaha des voix, les volutes de fumée des cigares de chez Partagas, contribuent à cette ambiance irréelle d’un autre siècle, celui ou Gary Cooper, Errol Flynn accompagnaient Hewimgway, les photos en témoignent.
Je ne connais pas de meilleure manière de ” Briser la glace ” avec la grande îLe.

Nul besoin de vous dire que j’avais apprécié mon voyage sur cette Île qui remonte à l’année 1994,le tout début du retour du billet vert. Que de changements sûrement depuis.

Relire Hemingway avec Cuba dans la tête, le corps, le coeur.
Relire Le vieil homme et la mer ,relire Paris est une fête et penser à Cuba, chercher Cuba dans Le jardin d’Eden, dans les pages de Iles à la dérive retrouver le trajet qui sépare La Havane de la Finca.
 » C’était en fait pour cette partie de la route, qu’il emportait son verre. Je bois songea-t-il, contre la pauvreté, la crasse, la poussière vieille de quatre cents ans, les enfants morveux, les feuilles craquelées des palmiers, les toitures de tôle ondulée…. »

Pour terminer un petit tour à la Finca Vigia
photos prises en 1994

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Notre chauffeur…

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Entrée de la Finca Vigia

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Tour dans laquelle il avait son bureau.
La légende dit qu’il y écrivit « Le vieil homme et la mer »        Piscine de la Finca


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Salon de La Finca

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Salle à manger

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Chambre d’Hemingway et la célèbre « Corona » sur laquelle il écrivait debout.

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et son bateau le Pilar
Grégorio Fuentes vivait encore à l’époque de mon voyage dans l’Ile.

poésie

Tard dans la nuit…

 

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Je suis dur
Je suis tendre

Et j’ai perdu mon temps
À rêver sans dormir
À dormir en marchant

Partout où j’ai passé
J’ai trouvé mon absence
Je ne suis nulle part
Excepté le néant

Mais je porte caché au plus haut des entrailles
À la place où la foudre a frappé trop souvent
Un cœur où chaque mot a laissé son entaille
Et d’où ma vie s’égoutte au moindre mouvement

Pierre Reverdy, Tard dans la nuit

Livres, paul Valéry

La muse et son poète…

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Le vieux battant de fer à peine clos
derrière moi qui me hâte et qui songe,
seul et non seul je vais courbant le dos,
suivant détresse, ennui, peine ou mensonge,
car tout m’est noir à peine le fer clos.

Paul Valéry

Poème extrait de la biographie de Jean Voilier, nom de plume, de Jeanne Loviton.
Elle a été le dernier et probablement le plus grand amour de Paul Valéry.
Le livre donne à lire des lettres admirables que Valéry lui a adressées jusqu’à sa mort.
Toute femme, moi la première, aurait aimé en recevoir d’aussi sublimes et aimantes.

« Je te caresse dans la tiédeur de la lumière doucement riche, je cause avec toi(voluptueuesement, intelligemment), il n’y a pas de mot qui combine les deux termes en un seul adverbe extraordinaire. Il faudrait avoir une langue à nous-(quelquefois cette idée se matérialisa et il n’y eut bien qu’une bouche et une langue). Tiens, tu me fais crayonner des bêtises. Mais songe que ce moment est le seul de cette immense journée où je vive un peu avec et pour toi. »

Il  lui écrivit près d’un millier de lettres et poèmes, un livre « Corona » et lui dédia la
« Cantate de Narcisse ».

Coïncidence, tous deux sont décédés un 20 juillet à cinquante et un an d’intervalle,
Paul Valéry en 1945, Jean Voilier en 1996.

 
*Ce livre dresse le portrait d’une femme mystérieuse, femme d’affaires remarquable, femme du monde aux amours multiples.Ses admirateurs les plus célèbres furent, outre Paul Valéry, Jean Giraudoux, Saint John Perse, Curzio Malaparte,quelques hommes politiques, certains hommes d’Etat, et aussi quelques femmes remarquables et remarquées.
Portrait d’une femme dont François Mauriac disait qu’elle aura été
 » le dernier personnage romanesque de ce temps »

Et pourtant tout est vrai !

*Portrait d’une femme romanesque Jean Voilier, de Célia Bertin, éditions de Fallois

Livres

Et si nous jouions…

Une de ces journées d’hiver où le gris est de mise. J’ai trouvé ce jeu sur Babelio,
 j’y ai répondu spontanément, me laissant guider par l’immédiateté,  les réponses seraient certainement différentes au moment où je les mets en ligne.
La règle est simple :répondez à chacune de ces questions avec le titre d’un de vos livres !

 Décris-toi :              
 Je suis comme une truie qui doute   ( Claude Duneton)

Comment te sens-tu :
  Une curieuse solitude  (Philippe Sollers)

Décris là où tu vis actuellement :
La vallée des roses ( Lucien Bodard)

 Si tu pouvais aller n’importe où, où irais-tu :
 Pourquoi pas Venise ( Michèle Manceaux)

 Ton moyen de transport préféré :
Un taxi mauve (Michel Déon)

 Ton/ta meilleur(e) ami(e) est :
Tel quel (Paul Valéry)

 Toi et tes ami(e)s, vous êtes :
La force de l’âge  (Simone de Beauvoir)

 Comment est le temps :
  Brumes (Francis Carco)

 Ton moment préféré dans la journée :
 Nourritures terrestres (André Gide)

 Qu’est ce que la vie pour toi :
La vie est brève et le désir sans fin ( Patrick Lapeyre)

 Ta peur :
Noires blessures (Louis-Philippe Dalembert)

 Quel est le meilleur conseil que tu as à donner :
L’adieu aux armes (Ernest Hemingway)

 Pensée du jour :
Tendre est la nuit ( Francis Scott Fitzgerald)

 Comment aimerais-tu mourir :
La mort heureuse (Albert Camus)

 La condition actuelle de ton âme :
L’envers et l’endroit (Albert Camus)

A vous, si vous le voulez bien…

réflexions

Simplement…

 » Qu’est-ce que je serais heureux si j’étais heureux ! » Woody Allen

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A ériger le bonheur en norme absolue, l’un des grands paradoxes de notre époque,ne créons-nous pas un monde aseptisé et sans saveur.
 Le Club Med propose » une cure de bonheur » alors qu’il y a quelques années il prônait
« le bonheur si je veux » et Coca Cola s’autoproclame » distributeur de bonheur »
Mais le bonheur surgit souvent là où on ne l’attend pas.
Il est dans l’ivresse de l’instant, ouverture à ce qu’il y a de gratuit dans l’essentiel, à ce qui fait l’indispensable de la vie…
L’instant présent tissé de passé et de futur , comme un parfum que l’on cueille au passage, comme les fleurs qui s’ouvrent, les feuilles qui tombent, une averse sur le toit, les volets fermés pour la sieste de l’été, comme ouvrir la fenêtre pour regarder le temps qu’il fait, un livre qu’on vient d’acheter, un film qui rend curieux, grignoter du pain et du fromage debout dans la cuisine, jouer avec un enfant, faire un câlin au chat, jeter la balle au chien, une goutte d’huile d’olive sur une tomate du jardin, une feuille de basilic, un citron frais, allumer un feu de cheminée, cueillir des cerises en mai, fouler le sable, chercher des coquillages, regarder la mer, les étoiles. Des parfums, des odeurs.
L’instant, comme un parfum, insaisissable, indéfinissable, comme le bonheur si je veux !

 

« Qu’est-ce que le bonheur sinon l’accord vrai entre un homme
et l’existence
qu’il mène ? »
Albert Camus,in Noces

 

inspiré de divers articles parus l’année dernière dont celui de Simonetta Greggio dans le Figmag