Ecrire

Un seul…

 

Vite quelques mots avant que la connexion ne lâche, j’ai plein d’idées en tête mais pas le temps d’écrire, hé oui les fameux travaux de peinture qui n’en finissent pas, et puis aussi de nouvelles habitudes à prendre avec cette connexion, sans oublier le » festival de jazz » qui se déroule cette semaine à Mulhouse.

Donc je vais tout simplement remettre en ligne ces « 24 heures de la vie d’une femme » rien à voir avec mes travaux en cours…

Je voudrais vous raconter simplement un seul jour de ma vie, peut-être ne comprendrez-vous pas pour quoi je vous raconte tout cela, mais il ne se passe pas une journée, sans que je pense à cet évènement, vous pouvez me croire si je vous dis qu’il est intolérable de rester le regard fixé sur sa vie durant sur
un seul point de son existence.

Un seul…

Ces feux mal éteints qui ravivent mes souvenirs.

C’était il y a …

Je m’en souviens comme si c’était hier, j’ai croisé son regard, la passion brûlait dans ses prunelles, passion du jeu, j’étais fascinée par ses mains, il était là et me regardait.
C’était une soirée dans un de ces endroits où les femmes sont des proies, elles savent exactement ce qu’elles cherchent mais ne veulent en aucun cas succomber même si le jeu mène la danse.
Comment une vie peut-elle basculer en vingt quatre heures, moment décisif d’une existence, par une passion incandescente, cet abandon inexplicable et destructeur le temps d’une nuit.
Quand une force irrésistible vous pousse vers le corps de l’autre.
Je le revois et j’en parle comme s’il s’agissait d’une autre, cela ne pouvait être moi…
C’est si loin déjà !
Il est là, les yeux fixés sur les bas noirs qui gainent ses jambes, il la serre contre lui, ses mains posés
sur ses hanches, palpant leur arrondi, une des mains glissait plus bas, caressante, insistante.
A travers leurs vêtements, elle perçut son désir, brutal, tenace.
Il releva sa jupe, commença à la dévêtir, elle fit de même, répondait à son désir. Grisée par le parfum d’épices légères de ce corps dénudé, elle ne savait même pas son nom, de ses mains elle sculptait cette chair abandonnée.
C’est alors que, rompant cette plénitude, le réveil sonna…
Je venais de rêver, mélangeant la réalité à la fiction, sur la table de chevet était posé le livre
« 24 heures de la vie d’une femme de Stefan Zweig… »

Je souris prête à affronter le jeu d’une nouvelle journée.Chevet_008_2


« Jamais encore, je n’avais vu un visage dans lequel la passion du jeu jaillissait si bestiale dans sa nudité effrontée…. J’étais fascinée par ce visage qui, soudain, devint morne et éteint tandis que la boule se fixait sur un numéro : cet homme venait de tout perdre !….Il s’élança hors du Casino. Instinctivement, je le suivis…

Commencèrent alors 24 heures qui allaient bouleverser mon destin ! « 
Stefan Zweig