humour

Angoisse clinique du sujet…

L’embarras, c’est parfois simple comme une question: vous avez une photo d’identité ?
Début des soucis.
Qui est particulièrement fier de son portrait sur la carte d’identité ?
Un cliché de soi qu’on aime c’est un peu comme les six numéros gagnants du loto.
Ca n’arrive jamais. Ou alors à quelqu’un d’autre.
Pour les portraits ridicules, là pas de problème.
Tout fond de tiroir déborde de vignettes où l’on sourit béatement. Quand on n’y a pas les yeux exorbités, comme un lapin dans les phares de voiture,ou que ne s’est rebellé un épi de cheveux, toujours le même, pile-poil au coup de flash.
Sûr qu’on ne doit pas s’ennuyer, dans certaines administrations.
Y défilent à longueur de journée, pour nécessité de service, des galeries entières
de mines renfrognées, de minois épatés et de trombines comme prises sur le fait.
Un ethnologue en ferait sans doute son miel, et avec un peu d’encouragements
2000 pages sur  » l’angoisse clinique du sujet au moment du déclic« .
Rien sans doute n’est plus redoutable que l’image de soi.
Surtout lorsqu’il faut la donner à autrui.
Avec les années la technique du Photomaton a peut-être changé. Pas sa fonction.
Cette boîte à portrait agit toujours comme un révélateur.
A destination des autres, officiellement. De soi-même aussi.
Tout ça pour quelques euros. A ce prix-là paradoxalement, y’a pas tellement
photo,ni de miracle:
on n’a droit qu’à un très étriqué début d’identité.
Photo trouvée ici
texte inspiré librement à partir d’une chronique de H. Dreikaus