Nouvelle...

L’aube…épilogue

La tempête s’était calmée et les nuages blancs tout ronds vagabondaient dans un ciel délavé. Tous les moments de cette nuit lui revenaient, il avait du mal à se concentrer sur le roman qu’il était en train d’écrire, il l’attendait.
Impossible de se concentrer sur une  intrigue quand on est soi-même le protagoniste d’un scénario romanesque. Il l’attendait, mais elle ne vint pas, il était seul au
rendez-vous qu’il s’était fixé.Comment supporter son absence, comment échapper à ces mots prononcés, à ces phrases musicales, à ces gestes d’accord ?
Il se glissa devant son clavier avec la volonté de lui faire cracher tout ce qu’il avait envie d’exprimer.
La nuit était tombée et P…pianotait toujours, une folle excitation s’était emparée de lui. C’était comme une course qu’il devait gagner pour son éditeur et pour Elle.
Il n’avait cessé de penser à elle. Au bout de sept jours de travail acharné il termina son roman et reprit la route vers Paris, il pensait à elle, ses nuits étaient peuplées de rêves lancinants et humides.Elle aussi pensait à lui, mais elle ne se sentait pas prête de le revoir après cette nuit. Elle était retournée à Paris. Ils s’étaient dit trop de choses importantes, trop d’aveux pour prendre le risque d’abîmer un tel souvenir.
Elle lui envoya une courte lettre pour lui expliquer et lui demanda de la garder dans un coin de sa mémoire comme une compagne de tempête. Au dos de l’enveloppe à la hâte elle griffonna ces mots:    Ne me détestez pas .
Cela faisait plus de quatre mois écoulés depuis cette soirée, maintes fois elle s’était attardée sur leur rencontre, sur les heures qu’ils avaient partagées et maintes fois elle s’en était voulue d’avoir fui.
Qu’avait-elle redouté au juste ? D’être déçue par son apparence ou son attitude ? De le décevoir ? D’affronter son regard après s’être tant dévoilée ?
A toutes ces craintes s’en ajoutait une autre, celle de s’attacher à un homme qui avait su ébranler ses défenses et mis en péril sa tranquillité.
Etait-ce pour le reléguer au rang de ses amants de passage qu’elle l’avait provoqué ?
Rien ne parvenait à détourner son attention de celui  qui l’avait sans doute balayée de sa mémoire. Elle repensait à cette phrase  » on peut aimer différemment  » sans doute, à condition de ne pas se contenter d’une médiocre imitation.
Elle avait encore l’âge de toutes les promesses, mais comment pouvait-elle fantasmer sur un homme dont elle ignorait les traits, la couleur des yeux, le sourire.
Le livre de P …   « L’aube » eut un énorme succès de librairie, les critiques étaient unanimes.
Elle l’acheta  et à la lecture des premières pages, elle reconnut leur histoire.
En quatrième de couverture elle découvrit son visage, il était comme elle l’avait imaginé.C’était donc lui, l’homme qui hantait ses nuits, celui de ses fantasmes.Quelques jours plus tard lors d’une séance de dédicace chez son libraire elle s’approcha de lui et lui offrit une boîte d’allumettes.
 Il  la regarda, sourit, lui proposa d’organiser une panne d’électricité tout en lui
avouant que ce serait dommage de ne plus pouvoir la regarder. 

7 réflexions au sujet de “L’aube…épilogue”

  1. Et comme je vous lis, chacun, je vous remercie pour vos partages, *
    je suis émue,
    quels bels partages,
    de bels écrire, encore,
    pfff, que c’est fort et joli,
    merci.

    C’est heureux que la fin cet après midi, je pars demain pour trois jours,
    mais je repasserai encore lire ce soir, si je peux…

    J ai relu la nouvelle d’un seul jettttt, hier, c’est fort beau d’écriture. Fort plein de mouvemnts d’âmes jolies….BISES.
    Annick, ton émotion est palpable dans tes mots, je t’embrasse et profite de ces quelques jours de dépaysement.

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  2. mmmmmmmhhhhhhhhhhhhmmmmmmmmmmmmmhhhhhhhhhhh,
    c’est vraiment très joli,
    ta plume est belle superbe,
    je l’aime beaucoup cette nouvelle.
    MERCI Elisanne,
    tant d’émotions me perlent une goutte,
    une petite bille de temps.

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  3. Bonjour…..
    L’aube, l’aurore, le crépuscule, un même mot pour désigner les premières lueurs avant le lever du soleil…Le crépuscule désigne aussi les dernières lueurs avant la nuit…Espoir, désespoir…Début, déclin…Promesse, désillusion…A chacun de choisir le « menu » qui lui convient. Baisse de forme, alors menu basses calories.
    La fin de votre nouvelle est superbe Elisanne, une sorte de conte moderne « ils vécurent heureux et ils eurent beaucoup d’enfants ». Beaucoup aimeraient certainement offrir un boîte d’allumettes à un monsieur aussi séduisant, mais l’accepterait-il avec le même bonheur, la même avidité? la dame offrant la boîte, n’ayant peut-être pas le charme de votre héroïne…

    « Dans le crépuscule fané
    Où plusieurs amours se bousculent
    Ton souvenir gît enchaîné
    Loin de nos ombres qui reculent

    Ö mains qu’enchaîne la mémoire
    Et brûlantes comme un bûcher
    Où le dernier des phénix noire
    Perfection vient se jucher

    La chaîne s’use maille à maille
    Ton souvenir riant de nous
    S’enfuit l’entends-tu qui nous raille
    Et je retombe à tes genoux »

    Apollinaire

    Bonne journée. Bises.

    Comme je le disais précédemment chez « lautre »  concernant ses mots,j’aime beaucoup cette fin qui n’en est pas une et qui laisse dans les souvenirs une trace à jamais, je suis vraiment trop romantique mais je n’aime pas les » fin »
    Bises

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  4. Au moment de se quitter, fatigués d’avoir errer au travers de cette écriture, et comme possédés par le sentiment d’avoir ouverts sur le monde, une fenêtre de plus, une fenêtre au travers de laquelle, il savaient pouvoir contempler la mer de la vie (calme et bleue), il savait qu’il aurait pu suggérer aisément de l’accompagner jusqu’à chez elle, afin d’y quérir ce frêle esquif capable de faire dériver leurs deux êtres à son bord, sur cet océan commun qu’ils venaient d’entrevoir…

    j’aime beaucoup…

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  5. Je sais que la vocation d’un blog n’est pas d’écrire de longs textes, aussi suis-je très sensible à la persévérance de beaucoup d’entre vous pour la lecture de cette nouvelle, cette « Aube » que l’on ne peut atteindre qu’en passant par le chemin de la nuit, alors elle est promesse d’éblouissement.
    Merci à vous et bonne journée

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  6. C’est une jolie fin.
    Ca me fait penser à cette chanson d’Edith Piaf « Dieu réunit ceux qui s’aiment ».
    Il y a des rendez vous qui s’inventent dans la pénombre. On n’ose pas les provoquer. On laisse le temps filer… Ils sont à peine formulés…
    On se dit que quelque chose finira bien par arriver.
    Très belle histoire… Une autre avant l’automne ? Je ne pars pas en vacances, cela serait plaisant…

    trop peu de temps en ce moment pour me concentrer et écrire…

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