humour

Un kilomètre à pied ça use…

C’est l’été… Mais l’été n’est pas seulement une affaire de calendrier.
C’est un dérèglement hormonal, métabolique et psychique.
Sur un plan hormonal, il pousse les mâles à rentrer leur ventre et à gonfler les muscles,
les femmes à exhiber et le nombril et les cuisses et les seins.
Sur un plan métabolique les pulsions gustatives nous font tourner le dos aux daubes et autres coqs au riesling, pour nous précipiter sur les viandes grillées, les salades composées …
Sur le plan physique nous sommes en proie au désir compulsif de nous propulser dans les milieux liquides captifs des piscines ou sauvages des océans tumultueux.
Sans oublier que nous vivons accrochés à notre sac à dos pour parcourir les sentiers pas encore battus des paysages entrés dans notre âme par la chaîne  Voyages
Un kilomètre à pied ça use, ça use…
A bon marcheur, bon chausseur. L’été c’est le festival de la pompe.
Dis-moi ce que tu mets comme godasses et je te dirai ce qui te fracasse…
(du verbe fracasser, qui veut dire procurer un plaisir extrême).
Il y a l’espadrille du baba cool, la sandale du ringard qui la met avec des chaussettes, la Birkenstock. Il y a les rangers du marcheur conquérant et la basket sur coussin d’air du djeun, il y a les horribles sandales en plastique pour les nageurs, les pompes en liège pour les nanas.
Il y a surtout la tong… Cette année encore c’est la tong attitude.
Une invention germée dans un cerveau avec un QI d’huître mais commercialisée par un génie du marketing.
Longtemps adorée pour son prix ridicule et son côté  non prise de tête , elle symbolisait la relax attitude de l’été.Tong
Mais il y eut un soir, il y eut un matin et la tong cessa d’être tong.
Elle ne fut plus du même monde.  Elle a cessé d’être démocratique.
Il y a désormais la  tong d’en haut  et la  tong d’en bas .
Le monde est désormais partagé entre deux mondes.
Celui des tongs à 5 euros, celui des tongs à 300 euros.
On ne se mélange plus les doigts de pied.
Vous avez quoi comme déco sur le haut de vos tongs, à la croisée des lanières, juste là entre vos orteils ?
Une marguerite ? Une grenouille ? Un nounours ?
Un joyau créé par Swarovsky ? Un solitaire de chez Boucheron ?
C’est ce détail qui fera la différence.
Vive l’été et son festival de la pompe !
Nouvelle...

L’aube…suite 7

Drôle de situation, ils ne se connaissaient pas, ignoraient tout de leur apparence physique, au-dehors la tempête faisait toujours rage.
-Je suis peut-être laide lui chuchota-t-elle au creux de l’oreille, et vous peut-être repoussant ? Et pourtant quoi de plus attrayant que ce mystère…
-Au lieu de rester figé dans votre fauteuil, vous pourriez toucher ma peau, vous n’auriez que mes frissons pour vous renseigner sur l’effet de vos caresses.
Dans cette obscurité je n’aurais aucune identité, je serais une femme qui prendrait le visage que vous souhaiteriez lui donner.
Pour échapper à ses mains qui accompagnant ses paroles s’attardaient sur sa nuque, l’échancrure de son pull, P…se leva.
Elle en profita pour lui faire face et l’enlacer. Leurs bouches se trouvèrent, s’apprivoisèrent, se fondirent l’une dans l’autre. Dans leur baiser il y avait toute la volonté de se prouver qu’ils étaient capables de donner et d’éprouver d’intenses émotions. Elle s’abandonnait à cet inconnu, qui surgi de l’ombre, la réconciliait avec sa fougue d’antan.
Brusquement il s’écarta d’elle
-Pourquoi ?
-Ce serait trop facile
-Vous décidez pour nous deux ? Elle était vexée.
-Ne vous fâchez pas
-Je ne me fâche pas, je m’en fiche !
-Pas moi
-Mais alors, je ne comprends pas pourquoi…
-Cette nuit est particulière, elle est magique, ne la gâchons pas.
Refuser une aventure n’entrait pas dans les habitudes de P… et pourtant son instinct lui soufflait de ne pas brûler les étapes.
-Comment vous expliquer ?
-Je ne vous demande pas de vous justifier !
D’un geste rageur, elle essuya la larme qui coulait sur son visage, elle n’allait tout de même pas pleurer parce qu’un inconnu refusait ses avances !
-Je vais partir, c’est préférable, mais demain je vous attends chez moi.
-Je ne viendrai pas
-Vous m’en voulez tellement ?
Il posa la main sur son épaule et découvrit avec stupeur qu’elle pleurait. Les pleurs féminins l’embarrassaient, il en percevait mal les motifs complexes et les jugeait souvent injustifiés, voire dérisoires.
-Je vous en supplie, ne vous mettez pas dans un état pareil.
-Ce n’est pas à cause de vous lui dit-elle en se réfugiant dans ses bras.
Il sortit un mouchoir de sa poche, elle pleurait comme une enfant inconsolable, il se sentait fragilisé.
-Je croyais que je n’étais plus capable de pleurer, il y a si longtemps que je n’ai eu de larmes. Décidément je ne vous ai rien épargné ! Ni les confidences, ni la drague, ni le chagrin.
-Vous vous sentez mieux ?
à suivre…