poésie

Entre mer et ciel…

  
Je t’offre, l’ombre et la lumière, l’eau et le feu.
Je viens au port affamée de sourires,
franchissant par élan les distances,
pour venir vers toi.
Entre mer et ciel, l’espace qui m’entoure,
cette poussière lumineuse des nuages,
c’est encore toi.
Apaisée dans les draps du ciel, je navigue vers toi,
abandonnée à l’imprévu d’un geste inventé.
Nouvelle...

L’aube…suite 4

Il fut surpris qu’elle accepta de si bonne grâce de jouer le jeu, mais surtout il avait envie de parler de lui tout en évoquant une fiction. Il sentait qu’elle était prête à entendre ce qu’il n’avait jamais confié à personne et même là il avait eu recours à ce stratagème.
Il était ému à l’évocation de ce souvenir, un de ceux qui deviennent pour le reste de la vie un souvenir  d’une rencontre qu’aucune fiction ne peut inventer, un souvenir d’une ou d’un immortel/le comme nous en avons tous dans nos vies…
« Il faisait beau, la mer étincelait sous le soleil, les mouettes faisaient la fête, dans la lumière éblouissante les papillons voletaient, les  feuilles des oliviers sous la légère brise bruissaient. La fête battait son plein, beau mariage que celui de mon ami pour qui j’avais fait le déplacement de la capitale vers le sud.
Comme nous étions en pleine saison, plus aucune chambre d’hôtel n’était disponible dans le secteur . Un couple ami du marié m’hébergea dans leur villa dominant la mer. La soirée fut délicieuse, beaux prémices pour le lendemain.
Durant l’office Clara et moi fûmes très complices .Ravi de cette rencontre je proposai à mon tour de les recevoir tous deux lors d’un séjour dans la capitale.
Une quinzaine de jours plus tard , Clara m’appela me demandant si la proposition tenait toujours, elle venait pour quelques conférences avec sa mère dans la capitale. Comme il n’y a pas de hasard mais juste des coïncidences, sa mère choisit de venir avec une amie.
Clara vint seule habiter chez moi durant le séjour, sa mère séjournant à l’hôtel.
Ce fut une semaine riche en sorties, théâtres, concerts…
Le dernier soir nous avions décidé tous de faire la fête et de passer une nuit blanche. Vers quatre heures du matin nous nous sommes retrouvés seuls. Clara avait un vol à la première heure.
Ce fut notre première fois, elle et moi dans la pénombre de ma chambre, mon désir  d’elle était très fort, elle se laissa aller à cette folie.
Quelque temps plus tard je descendis à nouveau dans le sud, j’avais envie de la revoir, je ne sais pas si j’étais amoureux en tous les cas je fis le voyage pour elle.
Clara nageait en pleine culpabilité, il ne se passa rien… elle ne regrettait pas… mais ne pouvait pas …
Le temps passait, avec étonnement je reçus un coup de fil de sa part où elle me demandait de l’héberger à nouveau. Elle resta toute une semaine mais vous ne me  croirez pas si je vous disais qu’elle fut malade durant tout son séjour. Une forte fièvre la clouait au lit, mon lit.
Le dernier soir (comme dans les romans) je m’allongeais à côté d’elle et me mis à la caresser. Mes mains parcouraient  sa peau douce, j’embrassais sa nuque, elle ne réagissait pas mais se laissait faire.
Je lui fis l’amour…
Elle se mit à pleurer comme une enfant inconsolable, les pleurs féminins m’embarrassaient, je ne comprenais pas, elle me regarda,  je ne comprenais toujours pas.
Avec une infinie tendresse dans la voix Clara me dit que c’était la première fois de sa vie de femme qu’elle avait éprouvé un tel plaisir, celui à qui l’on donne le nom de jouissance.C’est elle qui me dit :  Viens.
Je n’ai vu que le lendemain en rentrant, sur le miroir de la salle de bains, ses mots tracés au rouge à lèvres : “je t’aime“
Nous nous revîmes encore, notre liaison dura six mois et puis nos routes se séparèrent. Parfois, maintenant que nous habitons la même ville, je la revois chercher ses enfants au collège, je repense à cette histoire avec une certaine émotion, mais je n’éprouve plus rien pour elle. »
Elle l’avait écouté sans l’interrompre, elle mit sa tête sur son épaule, elle frissonnait,décidément elle lui trouvait beaucoup de charme…

à suivre…