rêves

Rêve…

« Je vous souhaite des rêves à n’en plus finir et l’envie furieuse d’en réaliser
quelques-uns.  »                                                                                   
Jacques Brel

                                                                                      

  
Il y a la vie que je rêve,il y a la vie que je vis.
Si je pouvais donner rendez-vous à mes rêves…
Je suis faite de l’étoffe de mes rêves
Part indispensable pour construire le réel
Et si mon futur appartenait
A la beauté de mes rêves ?…
Nouvelle...

L’aube…suite 3

Ils se posèrent les questions que l’on se pose afin de mieux se connaître.
Etaient-ils mariés ? Avaient- ils des enfants ? Pour quelles raisons étaient-ils seuls au bord de la mer en cette période de l’année ?
P…l’imaginait célibataire, elle donnait l’impression de n’appartenir à personne, mais personne ne possède jamais personne.
Elle pensait qu’il était célibataire et dragueur.
Ils se prirent au jeu des questions découvrant leurs faiblesses et leurs forces.
Et s’ils s’étaient rencontrés ailleurs auraient-ils eu une attirance l’un envers l’autre ?
Ils ne se voyaient pas, ils faisaient tout à rebours.
Lors d’une rencontre, le regard, le sourire déclenchent ou non la sympathie, voire l’attirance. Elle avait rencontré des d’hommes très différents et savait que le physique importait peu. Ce qui la séduisait c’était les mots, un timbre de voix, une façon particulière de se mouvoir. Depuis longtemps elle savait que les apparences sont trompeuses, que le charme qui émane d’une personne n’a rien à voir avec le paraître mais bien avec les profondeurs de son âme.
Eux, ne pouvaient se raccrocher qu’à leurs voix, leurs paroles et aux ondes qu’émettaient leurs corps.
P…se dit qu’il avait beaucoup de chance d’être là assis dans le noir avec elle, alors qu’au dehors les éléments se déchaînaient. Chance, il y a longtemps qu’il n’avait pensé ce mot, car dans sa vie rien ne marchait comme il l’aurait voulu. Il s’était enfermé dans une existence où seule l’écriture lui procurait un plaisir fugitif. Il n’avait jamais permis à cette vie par procuration de prendre le pas sur la réalité. Mais il n’avait toujours pas entamé le grand ouvrage qu’il croyait porter en lui.
Etrange sensation jusqu’à présent les femmes l’avaient plutôt perturbé dans sa démarche d’écriture, avec elle,  il se sentait bien et les personnages se dessinaient peu à peu pour son livre en cours.
Il voulut prendre congé, mais elle insista, à l’extérieur le vent continuait de rugir, de lourdes gouttes de pluie criblaient la toiture, une ardoise dégringola sur l’appentis dans un grand fracas.
Il faisait toujours nuit, seule la faible clarté du clair de lune apparition auréolée d’ivoire, création céleste donnait à cette attente toute la saveur de la plénitude.
Cela vous amuserait de faire vivre les personnages de mon livre lui demanda- t-il ?
Elle accepta de jouer le jeu et voilà que défilèrent les images soufflées par leurs inconscients… 
à suivre…
poésie

Entre les lignes…

 

Entre les lignes coule mon désir,
je dis des riens,
l’impalpable du quotidien.
Un jour nouveau se lève
inventé de chaque instant,
c’est au petit matin
que naît l’écoute,
au bercement des souffles.
Mes riens deviennent alors
spécialistes de l’amour,
savent décrire les émerveillements,
les soleils et les scintillements bleus.
Ils deviennent assembleurs de rêves.
 

Nouvelle...

L’aube…suite 2

Ce fut un claquement régulier qui la réveilla, surprise, l’espace de quelques secondes elle se demanda où elle était.
Autour d’elle tout était obscur, en entendant les bourrasques elle revint à la réalité, chercha l’interrupteur de la lampe, pas de courant.
Elle se leva et alla ouvrir. Devant elle, se trouvait  P…un peu gêné  il se présenta.
Bonsoir, en arrivant tout à l’heure j’ai vu de la lumière chez vous,je me suis
installé cet après-midi dans une maison voisine.
Pourriez-vous me dépanner avec des allumettes et une bougie ?
Vous tombez mal, ma dernière allumette je l’ai utilisé pour allumer le feu.
La tempête faisait rage, une bourrasque déséquilibra P…
Elle grelottait sur le pas de la porte et lui proposa d’entrer. Elle avait peur dans l’obscurité  depuis toute petite, elle redoutait les ombres malfaisantes et voyait en P… une chance de ne pas se retrouver toute seule dans le noir.
Elle le guida à travers la pièce vers le canapé, sa main effleura le pull en laine qu’il portait. Cette situation était totalement surréaliste. Alors qu’elle avait souhaité être seule en cette date anniversaire voilà qu’elle  se trouvait avec un homme dont elle ne connaissait rien.
Elle improvisa un petit dîner, elle avait acheté un peu de fromage, du pain , quelques fruits et une bouteille de  » Chasse spleen  » un de ses vins préférés  dont le nom était un programme à lui seul.
En voulant l’aider P… heurta le piano, il effleura  avec délicatesse quelques touches, ébaucha un accord puis quelques arpèges après quelques fausses notes il s’enhardit et joua les premières mesures de » My Funny Valentine ». Ils découvrirent qu’ils aimaient tous les deux les standards des années 40 et enchaînèrent avec d’autres mélodies …parlèrent musique et fredonnèrent quelques airs.
Cette obscurité les rapprochait, elle se sentait en sécurité avec P…elle  en oubliait même les raisons qui l’avaient poussée à venir s’isoler dans sa maison du bord de mer.
Il se mirent à évoquer des moments importants de leurs vies respectives, elle lui parla de choses enfouies en elle qu’elle évoquait librement pour la première fois devant cet inconnu qui l’écoutait sans l’interrompre. Elle lui parla de son enfance de ses moments de bonheur, un frémissement dans la voix montrait à quel point elle était émue, elle semblait à ce moment -là, si fragile, si délicate.
Dans un geste de tendresse, tout en douceur il lui prit la main.
Pour la première fois elle se demanda s’il était séduisant. Jusqu’à présent son discours et sa façon d’être ne lui avaient pas déplu. Quant à son physique elle se faisait difficilement une idée de son visage, mais n’était-ce pas mieux ainsi ?
se persuada-t-elle…
à suivre…
poésie

Folle imprudence…

Avec une plume d’oiseau tempée dans l’encrier de la terre,
écrire sa vie dans un fracas d’une extrême discrétion.
Tour à tour fous et sages,des mots venus de terres masquées
où se réfugie le coeur, où il parle sans frein.
Folle imprudence.

Nouvelle...

L’aube…suite 1

A quelques pas de là  P… venait de prendre possession de la maison qu’une amie lui avait généreusement prêtée pour terminer le livre que son éditeur attendait depuis quelques semaines.
L’inspiration lui manquait, il venait ici faire une cure de solitude et d’oxygène. Tout à l’heure il eut bien du mal à trouver la maison, mais là où elle se situait il apercevait la mer, grise, les lames frangées d’écume se déchiquetant en dentelles sur les rochers de la grève, cette vision de toute beauté lui plut d’emblée.
Ayant fait le tour du propriétaire, il installa son ordinateur sur la table du salon qui allait lui servir de bureau, le bleu de l’écran lui fit plaisir.
Il alluma la radio , la musique envahit l’espace, il se surprit à chanter , heureux présage pour les jours à venir.
Il décida de s’octroyer une heure de repos avant d’écrire et sombra dans un sommeil profond. Un froid vif le réveilla, il faisait nuit noire, les convecteurs ne diffusaient plus aucune chaleur.
Il jeta un regard  au-dehors, le vent du sud soufflait avec force en rafales, plus aucune lumière alentour,seule la lune faisait quelques pas de danse entre les nuages et donnait la mesure à ce prélude au goût de liberté.
Il chercha désespérément une bougie, des allumettes en vain, se cogna à tous les meubles en jurant.  Que faire, attendre ?
Une idée trottait dans sa tête qu’il ne parvenait pas à fixer.
Ni les images, ni les mots ne s’ajustaient. Il lui fallut du temps pour la préciser…
La maison aux volets rouges en contre-bas était éclairée tout à l’heure !
à suivre…
Belle journée d’été à vous…
sous le soleil , à l’ombre ,sur la plage ,sous la pluie,profitez de ce temps d’évasion, de vacances
Nouvelle...

L’aube…

Le voyage fut long, ces quelques heures en voiture l’ont épuisée. Elle n’a pas pris le temps d’apprécier le paysage, elle n’avait qu’une hâte d’arriver au bord de la mer dans sa petite maison où par grand vent les vagues venaient s’échouer à la limite du jardin.
Elle avait besoin de faire une pause, ces derniers temps son travail l’accaparait trop, trop de soucis, trop de tout peut-être justement par ce qu’elle pensait trop à lui et là le manque était lui aussi trop grand.
Elle n’avait rien dit à  personne, elle venait faire le vide de ce trop plein de tout dans son existence.
Au volant de sa  voiture elle longea la côte jusqu’au petit village, s’arrêta pour acheter quelques magazines, de quoi remplir le réfrigérateur  puis se dirigea vers sa maison de poupée, certes elle n’était pas grande mais elle avait un charme fou. Elle fit tourner la clé et la porte s’ouvrit sur l’unique pièce du rez de chaussée. Avant de ranger ses courses, elle alluma les lampes et fit un feu dans la cheminée. Il faisait froid et l’humidité était présente, au dehors le vent soufflait de plus en plus fort.
Avec un soupir de satisfaction, elle se glissa sous le plaid en cachemire regardant les flammes danser dans l’âtre. Ce soir elle ne dépendait de personne et s’abandonna à la sérénité du lieu. Son regard caressa les meubles et les objets dont elle s’était entourée, dans la cheminée le feu était en train de s’éteindre mais elle ne bougea pas, une torpeur l’envahissait. Le visage de … s’imposa à sa mémoire avec une telle intensité qu’elle chercha un réconfort en remontant le plaid jusqu’au menton, puis ferma les paupières…

Vous souvenez-vous j’avais commencé cette nouvelle l’année dernière, vous m’aviez soufflé quelques mots pour la suite …
En ce temps où l’ambiance est au farniente ,au plouf dans la piscine à défaut d’eau de mer salée, j’ai pensé la mettre en ligne car je l’avais effacée, pourquoi ? pas sûre de moi, trop, pas assez, peu importe, le temps est à la légèreté, « il faut être léger comme l’oiseau et non comme la plume  » Paul Valéry
Je ne sais plus comment j’ai trempé ma plume, en tous les cas elle se voulait légère comme l’oiseau.

réflexions

Elle va mal…


Toute la journée pourtant, elle a souri.
A son travail, elle a des responsabilités.
Autour d’elle, ses collègues, ses amis, ses parents la trouvent épanouie, elle la-jeune-cadre-dynamique que tout le monde envie.
Ce soir, rentrée chez elle, ce beau masque se fissure.
Elle a trente-cinq-ans, un appartement au centre-ville,une voiture de sport, mais elle est seule.
Ce soir, de ce mal-être qui soudain la gagne, elle ne peut parler à personne.
Les copines, elle ne veut pas les déranger.
La famille ? Elle ne veut pas qu’ils se fassent du souci.
Alors elle s’est souvenue.
Dans le carnet du journal, il y avait ce numéro…, elle l’a composé.
A l’autre bout du fil, une voix masculine a répondu.
Ce n’est pas la première fois qu’il entend la voix de la jeune cadre dynamique.
La solitude de cette femme, le poids de ce qu’elle ne peut pas dire ailleurs,
semble peser de plus en plus lourd.
Elle se met à pleurer.
Doucement, très tristement.
L’homme n’intervient pas.
Il accompagne l’appel par son silence.
« NE RIEN DIRE C’EST AUSSI ETRE PRESENT »
Histoire imaginaire  d’une écoute…
Je ne pensais pas du tout mettre ce billet déjà paru en ligne ,surtout aujourd’hui,mais certains de vos commentaires récents me bouleversent.
Nous avons tous besoin à un moment ou à un autre d’une écoute, d’une oreille attentive, bienveillante, pouvoir dire ce qui nous encombre sans peur d’être jugé.
J’ai été pendant de nombreuses années cette oreille et je crois bien que l’ouverture de mon blog n’a pas été juste un hasard ou une coïncidence, mais la suite logique de ce besoin et envie d’être à l’écoute des autres.
Je suis comme vous, fragile, vulnérable, grâce à votre écoute de la lecture de mes mots, cette vulnérabilité essaie de se transformer en force, en joie de vivre,me permet de me tenir debout malgré toutes les épreuves. 
Ceux qui savent combien je me débats, sans eux je n’aurais peut-être pas mes rêves en bleu.
Merci à toutes et tous.
Michel Granger,1995
acrylique sur papier, marouflé sur toile 60×81
rêves

Soir d’été…

  
 Zao Wou-Ki sans titre 1987 huile sur toile 280 x 460
 Ecole normale supérieure, Lyon
« Nous regardons le ciel bleu. Et soudain le ciel bleu nous regarde. »
                                                     Gaston Bachelard , L’air et les songes
  
J’aime les ciels, tellements changeants, tantôt bleu lavande au plus chaud,
quelques stries blanches en fond un tableau à la Zao Wou Ki,  il se teinte de rose
au soleil couchant.
La chaleur s’estompe, lentement les ombres se mettent en place laissant à la lune
le plaisir de jouer à cache-cache entre les arbres.
L’air embaume, les fleurs qui doucement se parent de contours flous dans la lumière crépusculaire dégagent des parfums subtils.
Romarin, thym, laurier, lavande, olivier, font de mon jardin un petit paradis aux accents du sud.
Seul manque le chant des cigales remplacé par ceux des grillons.
Il devient bleu nuit et la magie opère, il laisse place aux étoiles et je suis là à
les admirer béatement, je me laisse conduire dans un autre monde fait de rêves, doucement je m’évade.
Les nuits d’été sont sans égales, entre rêve et réalité, entre calme et volupté,
entre douceur et passion, entre sagesse et folie, moment de grâce de légèreté, d’insouciance .
  
Bon week-end !


 

Ecrire

Rallumer les étoiles…

 

Elle était là dans son bureau baigné de lumière, les fenêtres ouvertes face à l’océan qui dans un murmure incessant lui signifiait que la vie est mouvement.
Ses doigts allaient d’une touche à l’autre dans un crépitement joyeux , les mots venaient sans peine , elle était dans son monde , celui de l’imaginaire.
Monde qu’elle s’était créé à partir de ses vieux démons qui avaient fait place à plus de légèreté.

Vivait-elle par procuration ? Elle ne le savait pas , pour elle écrire était sa vie.
Elle parlait d’amour, d’amours anciennes ne laissant plus guère de place à un nouvel amour.

Depuis qu’elle vivait seule, elle avait retrouvé une certaine sérénité, loin des affres de la passion,des rendez-manqués, ceux qui laissent des traces bien profondes.
Jusqu’au jour …

Où elle se mit à rire de tout et de rien, aima les caresses du vent dans ses cheveux quand elle se promenait au bord de l’océan s’enivrant d’embruns.
Elle se dit que la vie était belle et peut-être est-ce à ce moment là qu’elle prit
conscience que tout était encore possible.

Que la vie était devant elle, peu importent les années, le temps.
Alors elle transforma ses rêves et la réalité lui apparut bien plus belle.
Elle vivait, elle vibrait, elle riait, elle pleurait, elle aimait…
Elle venait de rallumer les étoiles…

Humeur du jour…Evasion !
A défaut d’Océan, de belle bleue,la piscine et mon petit ordinateur miniature, confortablement installée dans la chaise longue au soleil qui enfin est de retour en Alsace, un peu comme les cigognes (les cigognes sont de retour)aperçues hier soir marchant paisiblement dans les foins coupés.