"Double je"

Entre-deux…

Il me plairait de partir vers la mer, goéland, mouette, à tire d’ailes vers le large,
dans l’entre-deux du bleu et de l’azur.
Partir, pour me confronter à mes rêves, à des réalités inédites, et m’emmener dans les
couloirs de l’univers rencontrer des bourrasques, des typhons, de multiples corps et
regards, des brises, des parfums, des ressacs.
Entre deux rafales de silence une part de moi-même se mêle au vent, il me reste à écrire
mes blessures dans le sable et graver mes joies dans la pierre.

photo Gruissan (aude)

"Double je", Ecrire

Tout ce qu’elle sait…

La nuit fut blanche.
Les rêves butaient contre un mur d’ombres.
Ce matin, les mots rôdent dans ma mémoire ils ont le goût de la nuit.
Ils s’entrechoquent et cognent dans ma tête.
Ma main les retient pour ne pas les déposer sur la page.
Y a-t-il encore un langage quand l’ultime pudeur empêche de les mettre en mots ?
Ils seraient les bienvenus pour libérer les pensées chagrines.
Mais seraient-elles moins vives sur la page que dans le cœur ?
C’est en bouquet d’images que je les transforme, tantôt aux couleurs éclatantes,
tantôt aux couleurs tendres.
Ils deviennent bouquet de fleurs froissées.
Tant de mots un autre silence.
La nuit a emporté tout ce qu’elle sait de moi.

photo Katia Chausheva

Livres

Le chemin…

« Le Chemin est un chemin, voilà tout. Il monte, il descend, il glisse, il donne soif,
il est bien ou mal indiqué, il longe des routes ou se perd dans les bois et chacune de
ces circonstances présente des avantages – et aussi pas mal d’inconvénients.
Bref en quittant le domaine du rêve et du fantasme, le Chemin apparaît brutalement
pour ce qu’il est : un long ruban d’efforts, une tranche du monde ordinaire, une épreuve
pour le corps et l’esprit.
Il faudra batailler rude pour y remettre un peu de merveilleux…. »

Jean Christophe Rufin
Immortelle randonnée